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Jeu partiel

Comment utiliser un capodastre partiel à segments fixes pour créer des accords ouverts sans changer l’accordage de la guitare ?

Un capodastre partiel à segments fixes modifie la hauteur de certaines cordes, tandis que les autres restent libres. Voici une méthode pour choisir un placement, construire un accord et contrôler chaque note à l’oreille ou avec un accordeur.

Gros plan d’un capodastre partiel à segments fixes posé sur quelques cordes d’une guitare acoustique.
L’essentiel
  • Un capodastre partiel déplace uniquement les cordes couvertes ; les autres gardent leur note à vide.
  • La disposition des cordes couvertes dépend du modèle à segments fixes.
  • Chaque case hausse la note d’un demi‑ton sur les cordes pressées.
  • Pour identifier l’accord, calculez et vérifiez chaque corde, y compris la basse.
  • Un son sourd ou qui frise appelle d’abord une vérification du placement et du contact.
Sommaire
  1. Comprendre le capodastre partiel à segments fixes
  2. Préparer le placement et les notes
  3. Calculer les notes corde par corde
  4. Suivre le tutoriel de placement pas à pas
  5. Construire d’autres accords ouverts
  6. Vérifier la justesse et la qualité sonore
  7. Éviter les erreurs et adapter le jeu

Pour utiliser un capodastre partiel à segments fixes, commencez par repérer les cordes que son modèle plaque, puis calculez les notes obtenues à la case choisie. Les autres cordes conservent leur hauteur à vide : vous pouvez ainsi former une nouvelle couleur d’accord sans toucher à l’accordage de la guitare.

Le principe est simple, mais le résultat dépend du placement précis des segments et des notes que vous laissez sonner. Ce tutoriel vous guide pas à pas, avec un exemple en accordage standard, une méthode de vérification note par note et quelques précautions pour éviter les sons étouffés ou les accords incohérents.

Comprendre le capodastre partiel à segments fixes

Un capodastre classique plaque plusieurs cordes à la même case. Un modèle partiel ne presse qu’un groupe de cordes, afin que les autres puissent continuer à sonner à vide ou être jouées avec les doigts. Avec un modèle à segments fixes, la disposition des parties de serrage est déterminée par sa conception : vous ne choisissez pas librement, corde par corde, celles qu’il couvre.

Avant de jouer, identifiez donc précisément les cordes concernées par votre modèle. Comptez‑les depuis la corde la plus aiguë, appelée corde 1, jusqu’à la plus grave, la corde 6. Ne vous fiez pas uniquement à l’apparence du capodastre : un segment peut couvrir une corde ou plusieurs cordes selon sa largeur et sa forme.

La case choisie détermine la hausse de hauteur des cordes couvertes. À la première case, elles montent d’un demi‑ton ; à la deuxième, d’un ton ; à la troisième, d’un ton et demi. Les cordes non couvertes restent à leur hauteur habituelle, à condition de ne pas les freter avec la main gauche. Le principe des cordes à vide avec un capodastre partiel est donc de faire cohabiter des notes transposées et des notes inchangées.

Un tel dispositif ne remplace pas un accordage alternatif : il change la hauteur de certaines cordes à un endroit du manche, sans modifier la tension ni l’accordage de base des cordes. Pour comparer les différentes constructions, consultez le guide sur la différence entre segments fixes et réglage indépendant. Vous trouverez également les modèles réunis dans la rubrique des capodastres à segments fixes.

Préparer le placement et les notes

Pour faire un essai utile, partez de l’accordage réel de votre guitare. L’exemple de cet article suppose l’accordage standard, de la corde 6 à la corde 1 : Mi, La, Ré, Sol, Si, Mi. Si votre instrument est accordé autrement, les calculs changent. Notez les hauteurs de départ avant de poser le capodastre, en vous aidant d’un accordeur si nécessaire.

Ensuite, vérifiez le schéma de votre capodastre : quelles cordes seront pressées, et lesquelles resteront libres ? Pour un premier exercice, nous allons supposer que les segments couvrent les cordes 4, 3 et 2, et que les cordes 6, 5 et 1 restent à vide. Cette configuration sert d’exemple de calcul, pas de règle applicable à tous les modèles. Si votre capodastre couvre un autre groupe, gardez la méthode, mais refaites les notes pour les cordes réellement concernées.

  1. Choisissez une case et repérez les notes des cordes couvertes à cette hauteur. Chaque case ajoute un demi‑ton par rapport à la corde à vide.
  2. Écrivez les notes conservées sur les cordes libres. Ce sont elles qui donnent souvent au voicing sa basse ou son timbre caractéristique.
  3. Définissez l’accord visé et listez ses notes principales : fondamentale, tierce et quinte, auxquelles peuvent s’ajouter une septième ou une autre couleur.
  4. Comparez les deux listes. Une note du capodastre ou une corde libre qui ne correspond pas à l’accord recherché peut créer une dissonance. Elle peut être volontaire, mais il faut l’entendre et la choisir.

Une grille simple, écrite avant de jouer, évite de confondre le nom de la forme sous les doigts avec celui de l’accord réellement entendu. Le capodastre modifie certaines notes indépendamment des autres : la sonorité finale résulte de toutes les cordes qui résonnent, y compris celles que vous n’aviez pas prévu de laisser sonner.

Repère pratique Une corde couverte au deuxième fret monte d’un ton. Une corde non couverte et non frettée garde sa note à vide. Faites le calcul séparément pour chaque corde, plutôt que de considérer le capodastre comme une transposition globale de la guitare.

Calculer les notes corde par corde

Voici le calcul pour notre exemple : le capodastre est placé à la deuxième case et couvre les cordes 4, 3 et 2. Les cordes 6, 5 et 1 restent à vide. À la deuxième case, Ré devient Mi, Sol devient La et Si devient Do dièse. Les notes ouvertes des autres cordes ne changent pas.

CordeAccordage standardAvec le capodastre à la case 2Raison
6, la plus graveMiMiNon couverte, elle reste à vide
5LaLaNon couverte, elle reste à vide
4RéMiCouverte, elle monte de deux demi-tons
3SolLaCouverte, elle monte de deux demi-tons
2SiDo dièseCouverte, elle monte de deux demi-tons
1, la plus aiguëMiMiNon couverte, elle reste à vide

Le résultat, de la corde 6 à la corde 1, est donc Mi, La, Mi, La, Do dièse, Mi. Toutes ces notes appartiennent à l’accord de La majeur, qui se compose de La, Do dièse et Mi. Comme la basse est un Mi plutôt que la fondamentale La, on peut décrire cette sonorité comme un La majeur avec Mi à la basse, souvent noté La/Mi. C’est un exemple de création d’accord ouvert avec un capodastre partiel : les cordes libres enrichissent la forme tout en restant accordées comme avant.

Cette vérification montre aussi pourquoi il faut tenir compte de la basse. Deux voicings peuvent contenir les mêmes notes et ne pas avoir la même impression musicale si la note la plus grave diffère. Notez donc les notes dans l’ordre des cordes, et pas seulement le nom de l’accord obtenu.

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Suivre le tutoriel de placement pas à pas

Reprenez l’exemple précédent sur votre instrument, uniquement si la disposition de votre capodastre correspond bien à celle décrite. Posez‑le à la deuxième case, sur les cordes qu’il est conçu pour couvrir. Placez ses surfaces de contact juste derrière la barrette métallique, du côté de la tête du manche, comme le ferait un doigt qui appuie une corde. Le dispositif ne doit pas être posé sur la barrette elle-même.

  1. Posez le capodastre sans forcer. Vérifiez que chaque segment se trouve bien sur la corde prévue et que les cordes libres ne sont ni coincées ni touchées par une partie du mécanisme.
  2. Jouez chaque corde séparément, de la 6 à la 1, sans former d’accord. Écoutez si les cordes couvertes sonnent franchement et si les autres restent claires à vide.
  3. Comparez les sons au calcul. Dans l’exemple, vous devez entendre Mi, La, Mi, La, Do dièse, Mi. Un accordeur chromatique peut confirmer les hauteurs, mais l’écoute isolée reste indispensable pour repérer une corde étouffée.
  4. Grattez doucement les six cordes et écoutez l’accord complet. Le volume modéré aide à discerner une note qui ne sonne pas ou une corde qui vibre contre une frette.
  5. Retirez le capodastre après l’essai si vous ne poursuivez pas avec lui. Il n’est pas nécessaire de laisser une pression prolongée sur le manche pendant une pause.

Si vous voulez tester un autre accord, reprenez le même raisonnement plutôt que de déplacer le capodastre au hasard. Les cordes couvertes prennent la note correspondant à leur case ; les autres gardent leur note à vide, sauf si un doigt les frettes. L’accord final dépend de ces notes réunies. Pour changer les accords sans modifier l’accordage, vous pouvez alors faire évoluer les notes frettées par la main gauche, à condition de contrôler à nouveau les cordes qui résonnent.

Attention à la différence entre la case du capodastre et celle d’un doigt. Une corde couverte est déjà raccourcie au niveau du capodastre. Si vous la fretez plus haut sur le manche, la note entendue correspond à la position réellement frettée, et non à un déplacement relatif que l’on peut calculer sans regarder les cases. En cas de doute, jouez la corde seule et vérifiez sa note.

Construire d’autres accords ouverts

Pour créer des accords ouverts avec un capodastre partiel, partez des notes disponibles, et non d’une forme d’accord connue supposée fonctionner partout. Un accord majeur courant réunit une fondamentale, une tierce majeure et une quinte juste. Un accord mineur remplace la tierce majeure par une tierce mineure. La basse, les doublures et les notes ajoutées précisent ensuite le caractère du voicing.

Vous pouvez procéder en quatre temps :

  • Choisissez la sonorité visée. Par exemple, décidez si vous cherchez un accord majeur ou mineur et quelle note vous souhaitez placer à la basse.
  • Repérez les cordes libres intéressantes. Une corde à vide peut fournir la fondamentale ou la quinte, mais elle peut aussi ajouter une note étrangère à l’accord prévu.
  • Calculez les cordes couvertes. À chaque case, retrouvez la note obtenue à partir de l’accordage de départ. Si cette note ne convient pas, choisissez une autre case, une autre forme, ou un autre modèle de capodastre.
  • Complétez avec les doigts. Fretez les cordes nécessaires pour obtenir les notes manquantes, puis vérifiez qu’aucune corde non souhaitée ne résonne par accident.

Il est utile de distinguer la forme jouée du nom de l’accord entendu. La forme peut ressembler à un accord familier, mais une corde laissée à vide ou déplacée par le capodastre peut changer la fondamentale, produire une basse renversée ou ajouter une couleur. Si le résultat vous plaît, relevez les notes et le nom de l’accord : vous pourrez reproduire le voicing sans dépendre de votre mémoire gestuelle.

Les cordes ouvertes produisent aussi des résonances qui se prolongent lorsqu’on change de position. C’est souvent recherché dans un accompagnement, mais cela peut brouiller une suite harmonique si une note continue de sonner alors que l’accord a changé. Écoutez la transition, puis étouffez avec la main droite ou la main gauche les cordes qui ne doivent plus résonner. Un capodastre partiel ne décide pas à votre place quelles cordes jouer : il vous donne une configuration de notes possible.

Vérifier la justesse et la qualité sonore

Une corde qui frise, sonne sourd ou ne donne pas la hauteur attendue ne signifie pas automatiquement que le calcul est faux. Le contact peut être imparfait, le segment mal aligné, ou une corde voisine toucher le dispositif. Contrôlez le montage avant de modifier votre doigté. Si le problème persiste, ces vérifications des cordes qui frisent vous aideront à distinguer un souci de pose d’un problème de jeu ou de réglage.

Pour un contrôle fiable, procédez toujours dans le même ordre :

  • Observez si chaque segment appuie bien sur les cordes qu’il doit couvrir, sans déborder sur une corde libre.
  • Pincez chaque corde seule et comparez sa hauteur à la note calculée. Avec un accordeur, vérifiez aussi que l’indication est stable.
  • Écoutez les notes une par une jusqu’à leur extinction. Un son qui s’arrête trop vite peut signaler une corde étouffée ou un contact parasite.
  • Jouez ensuite l’accord en évitant de frapper fort. Une forte attaque peut masquer un défaut de contact ou faire vibrer une corde que vous ne vouliez pas inclure.
  • Retirez le capodastre et rejouez les cordes à vide. Vous confirmez ainsi que l’accordage de départ n’a pas été confondu avec les notes modifiées par le dispositif.

Si une note est fausse alors que la corde sonne librement, contrôlez l’accordage de base, la case choisie et le calcul des demi-tons. Si la note est juste à vide mais devient sourde sous le segment, repositionnez le capodastre avec douceur. N’augmentez pas la pression au‑delà de ce qui est nécessaire pour obtenir un son net. Une pression excessive peut tirer les cordes et dégrader la justesse ; une pression insuffisante peut les laisser friser. Un défaut récurrent de l’instrument ou une gêne de contact persistante mérite l’avis d’un luthier.

Éviter les erreurs et adapter le jeu

La première erreur consiste à croire que toutes les cordes montent de la même façon qu’avec un capodastre complet. Avec un modèle partiel, seules les cordes couvertes sont déplacées. La deuxième est de choisir un accord à partir de sa seule forme graphique sans vérifier les notes des cordes libres. La troisième est de supposer que deux capodastres partiels couvrent la même combinaison de cordes : la disposition dépend du modèle.

Voici quelques repères pour éviter ces pièges :

  • Écrivez le nom des cordes et leurs notes de départ avant de calculer les notes obtenues.
  • Ne supposez pas qu’une corde est libre parce qu’elle semble peu touchée : vérifiez qu’aucun segment ne l’appuie et qu’elle peut vibrer.
  • Ne forcez pas le capodastre pour compenser un alignement incorrect. Replacez‑le ou vérifiez qu’il est adapté au profil du manche.
  • Ne vous contentez pas d’un accord qui semble agréable en strumming : isolez les notes si vous voulez identifier précisément l’accord.

Enfin, le résultat dépend de l’instrument. Le profil du manche, l’écartement des cordes et leur type peuvent influencer la qualité du contact. Un modèle conçu pour un type de guitare ou de manche n’est pas automatiquement adapté à un autre. Si le capodastre ne se place pas proprement ou ne laisse pas vibrer les cordes prévues, ne forcez pas : vérifiez sa compatibilité avant de poursuivre.

Une fois la méthode acquise, vous pourrez explorer plusieurs placements et noter les voicings qui vous conviennent. Le principe reste le même : repérer les cordes serrées, calculer leurs notes, conserver les hauteurs des cordes libres, puis écouter chaque note avant de jouer l’accord complet. C’est cette vérification attentive qui permet de transformer un placement partiel en véritable choix musical, sans changer l’accordage de la guitare.

Questions fréquentes

Un capodastre partiel à segments fixes change‑t‑il l’accordage de la guitare ?

Non. Il hausse la hauteur des cordes qu’il plaque à la case choisie, mais ne modifie pas l’accordage de base de l’instrument. Les cordes non couvertes gardent leur hauteur à vide si vous ne les fretez pas.

Comment savoir quelles cordes mon capodastre partiel couvre ?

Repérez les segments de contact et vérifiez leur disposition sur votre modèle avant de le poser. Une fois en place, pincez chaque corde séparément pour confirmer quelles cordes sont pressées et lesquelles restent libres.

Comment vérifier l’accord obtenu avec un capodastre partiel ?

Calculez d’abord la note de chaque corde couverte en ajoutant un demi‑ton par case, puis conservez les notes à vide des autres cordes. Jouez chaque corde seule et comparez le résultat avec un accordeur ou avec les notes de l’accord visé.

Peut‑on jouer plusieurs accords avec le même placement ?

Oui, si les notes frettées et les cordes à vide restent compatibles avec les accords recherchés. Vérifiez chaque voicing, car une corde libre peut changer le nom de l’accord ou ajouter une dissonance.

Que faire si une corde frise sous un segment fixe ?

Vérifiez d’abord que le capodastre est aligné derrière la frette et qu’il correspond au profil du manche. Ne compensez pas un mauvais placement en serrant excessivement ; si le problème persiste, faites contrôler le contact ou l’instrument.

La rédaction

La rédaction de Capo Guitare rassemble des conseils et des descriptions pour mieux comprendre les systèmes de capodastres, leurs usages et leur compatibilité avec différents instruments.

Les prix indiqués sont ceux constatés à la date mentionnée ; seul le prix affiché lors de la commande fait foi.

Lectures utiles